L'évaluation formative. Une proposition : l'analyse réflexive

In GFEN (2010). 25 pratiques pour enseigner les langues. Lyon : Chronique sociale (pp. 299-305)

Les instruments utilisables dans l'évaluation formative ne manquent pas. L'enseignant dispose de toute une gamme de procédures allant des pauses méthodologiques, pendant et après une séquence d'apprentissage, à l'utilisation du Portfolio. Le point commun en est la volonté de regarder où on en est, où il faut aller pour progresser, et de réfléchir à comment on pourrait s'y prendre.

Si l'on s'accorde à reconnaître que l'évaluation formative représente un incontournable de l'apprentissage, pour autant, sa mise en œuvre n'est pas à la hauteur des discours que l'on tient sur elle. Les raisons en sont multiples, les deux principales à mon avis étant le manque d'information et de formation en la matière et par conséquent la crainte que cela prenne trop de temps, à la fois dans le travail de l'enseignant en amont du cours et dans le peu d'heures de cours disponibles pour l'enseignement des langues. Sur le premier point, cet article tentera de donner plusieurs pistes et outils concrets. Sur le deuxième point, force est de constater que l'on hésite beaucoup moins à multiplier les évaluations sommatives à coups d'exercices isolés qui ne disent pas grand chose des connaissances et des compétences acquises, et qui pourtant sont terriblement chronophages.

Quelques préalables :
- éviter à tout prix l'obsession de l'évaluation et tomber ainsi dans l' "évaluationnite", dans une illusion de toute puissance qui se révélera très vite impossible à tenir et forcément décevante ;
- renoncer à la mode des grilles qui — le terme l'indique assez — risquent fort d'enfermer plutôt que de libérer ;
- renoncer à une conception thérapeutique de l'évaluation en termes de "diagnostic", "remédiation", etc. — termes qui renvoient à l'univers de la maladie — et passer à une conception de l'évaluation de l'ordre de la régulation ;
- penser que c'est l'élève qui apprend et qu'il lui faut disposer de repères qui lui permettent de voir son évolution : entre évaluation et évolution, il n'y a que deux lettres qui changent ;
- penser l'évaluation comme un dialogue entre les élèves et nous, les élèves entre eux ;
- accepter de faire partie du problème et envisager l'évaluation comme un outil de régulation des apprentissages mais aussi de l'enseignement.

Pour qu'il y ait activité d'apprentissage, il faut un cadre de travail qui permette aux élèves de s'investir, des mises en situations qui leur permettent de parcourir un chemin vers l'acquisition de nouveaux savoirs et aussi, la possibilité d'une conscientisation des processus. Pour cela, il y a différents outils dont nous pouvons nous emparer. En voici quelques-uns.

Auteurs: 
Maria-Alice Médioni
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